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La moustache, le ruban des hommes

Posté le 25/11/2016

www.publicationsorion.com

Pourquoi parler de moustache en novembre ? Serait-ce parce que, comme l’a dit Anton P. Tchekhov, « un homme sans moustache c’est comme une femme avec une moustache » ? Non. C’est parce que depuis 2003, la Fondation Movembre (contraction de moustache et novembre) est décidée à « changer le visage de la santé masculine ».

Vraiment ? Comment ? En récoltant des fonds. En 13 années, dans 21 pays, 759 millions de dollars ont été ainsi ramassés et investis dans 1200 projets visant la prévention, le dépistage et le traitement du cancer de la prostate, du cancer des testicules, la santé mentale masculine, et la prévention du suicide masculin. (Selon l’OMS, le suicide sera la deuxième cause de mortalité chez les hommes en 2020, tout de suite après la crise cardiaque, ces deux causes de mortalité étant étroitement liées au stress et à la dépression1 qui en découle. Movembre vise 25 % de moins de mortalité d’ici 2030.)

S’agit-il d’un mouvement vraiment efficace ou d’un autre gadget de communication ? À Paris, Movembre vient d’être lancé non avec une illumination scintillante de la Tour Eiffel en bleu, mais avec une séance de rasage officielle à l’arrière d’un camion à plate-forme découverte stationné devant la Tour Eiffel. Les hommes étaient invités à se faire raser de près puis à laisser pousser leur moustache tout au long du mois de novembre.

Fait à retenir immédiatement : L’Institut national du cancer en France n’accepte pas de soutenir ni parrainer Movembre. Il s’insurge contre le dépistage de masse, particulièrement du cancer de la prostate, craignant comme cela est déjà le cas pour le cancer du sein et le cancer de la thyroïde, le surdiagnostic, et bien sûr, le surtraitement aux conséquences parfois (?) délétères. L’Institut affirme qu’il n’y a pas de certitude quant aux bienfaits de ces tests, soit le toucher rectal et l’analyse de l’APS – une protéine dans le sang qui est spécifiquement produite par les cellules prostatiques.  Le test de l’APS ne peut servir pour poser un diagnostic de cancer ; il ne peut qu’indiquer « un éventuel problème ». Les valeurs normales d’APS varient selon l’âge, l’activité sexuelle récente, et d’autres causes comme l’hyperplasie bénigne de la prostate et l’inflammation de la prostate (prostatite). Il faut aussi faire attention aux faux positifs.

De plus, un grand nombre de cancers de la prostate sont à évolution lente et sont susceptibles de ne pas avoir besoin d’intervention chirurgicale ni d’autres traitements médicaux. Par contre, les effets secondaires d’une intervention médicale dans ces cas-là peuvent graviter autour de la crainte de la rechute, la fatigue, la détresse, l’anxiété, la dépression, la dysfonction érectile, l’incontinence urinaire. Tout cela fait aussi de cette maladie masculine une maladie du couple. Rien pour favoriser la santé mentale masculine ni pour enrayer la dépression et le suicide masculins.

Et le cancer des testicules ? C’est le cancer le plus répandu chez les hommes entre 15 et 35 ans. Ses signes les plus courants en sont la sensibilité des mamelons ou l’augmentation du tissu mammaire. Fait rassurant, la chirurgie est alors indiquée sur le testicule touché. Par contre, la fertilité demeure avec un seul testicule. Et la santé mentale et le suicide ? Ces douleurs du cœur  et de l’esprit sont en relation directe avec la consommation d’alcool, de drogues, l’isolement, la solitude.

Une moustache affichée pendant un mois que peut-elle faire réellement, concrètement, intelligemment pour tous ces maux ? N’est-ce pas un autre truc pour court-circuiter l’individu et l’amener à remettre sa santé entre les mains de professionnels dont il attendra les réponses qui ne viendront -- on ne sait trop quand -- qu’à coups de millions récoltés ? Un homme, des hommes, les hommes sont-ils incapables de s’occuper de leur propre santé ? Faut-il, eux aussi, à la suite des femmes, les infantiliser et les vassaliser aux visites médicales, aux tests, et aux interventions médicales ? Ne peuvent-ils pas, tout comme de plus en plus de femmes, embrasser la prévention ? Avec les mêmes résultats positifs ? Alors pourquoi ne pas fusionner octobre rose et movembre en un seul programme de prévention en continu pour tous ? On s’y met ?

 

L’ABC de la prévention

- Tous les jours faire 30 minutes d’exercice en plein air ; travailler debout ; bouger régulièrement en montant et descendant les escaliers ; marcher chaque fois que possible.

- Consommer beaucoup d’eau. Garder un grand pichet d’eau à côté de soi et le voir se vider dans la journée.

- Éliminer radicalement les irritants des voies urinaires : alcool, caféine sous toutes les formes, sodas, épices.

- Opter pour un régime à base d’aliments d’origine végétale non transformés qui « constituent une bonne mesure de prévention ».

- Éviter les gras saturés (viandes rouges et viandes transformées).

- Insister sur les céréales entières sous toutes leurs formes, les oléagineux, les fruits, les légumes riches en sélénium.

- Veiller à prendre du soleil ou 2000 à 4000 unités internationales de vitamine D3 chaque jour.

- Éliminer les produits laitiers (fromages et autres laitages). Ils sont abondants en facteurs de croissance naturellement destinés au bovin à la croissance très rapide. L’humain à la croissance lente et prolongée, une fois l’âge adulte atteint, n’a pas besoin de ces facteurs de croissance qui vont alors favoriser la multiplication des cellules cancéreuses et la croissance des tumeurs. (L’Adventist  Health Study – 1 (1974-1988) a rappelé en 2008, ces résultats clé : Les hommes de cette cohorte (34 192 hommes âgés de 25 ans et plus) qui consommaient beaucoup de tomates (fraîches, en sauce tomate maison, en jus) réduisaient leur risque de cancer de la prostate de 40  %, et ceux qui buvaient du lait de soja à la place du lait de vache le réduisait de 70 %.)

- Passer du temps entre hommes est vital pour la santé mentale masculine. L’action sociale entre hommes est source d’échanges fructueux pour eux et pour les autres. Les hommes parlent, mais ils se parlent en agissant ensemble, et non en passant du temps au téléphone ou en sirotant une tisane. 

Alors au lieu de ruban rose ou de moustache,pour tous, tout simplement la bannière d’un style de vie au quotidien basé sur le bons sens, le respect de la spécificité des sexes, et l’obéissance aux lois de la vie, les mêmes pour tous, toujours, sans exception2. ©2016 Danièle Starenkyj

1. Hart A.D., LA DÉPRESSION AU MASCULIN – Une souffrance masquée, Orion, 2002. 

2. Starenkyj D., LA SANTÉ TOTALE, Orion, 2009.